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Jean NAVARRE |
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Biographie de "La sentinelle de Verdun" |
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André Navarre, leur père. |
Jean (à droite), avec Pierre son jumeau. |
Jeanne Navarre, leur mère. |
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Nés le 8 août
Jean a une enfance difficile. Il est renvoyé de différents collèges en raison de fugues ou indisciplines répétées. A l’age de 10 ans, il est pensionnaire avec Pierre au collège de Grenoble de 1905 à 1908. Ils s’en échappent à plusieurs reprises avant d’être renvoyés. Au collège des Dominicains d’Arcachon ils fuguèrent de nouveau et y restèrent peu de temps. Puis c’est le collège de Dax où Jean se cache dans le jardin, au grenier ou sur le toit. Encore une fois le collège ne veut pas les garder. Découragé, son père confie Jean à un précepteur. En 1910, 1911 et 1913 l’abbé Barges, est chargé de terminer son instruction. Il passe brillamment sa première partie de baccalauréat en 1910. Après, il est envoyé dans une pension de famille en Angleterre avec son frère. Il est séparé de son jumeau et s’enfuit à plusieurs reprises. |
Dessin original de Martin Veyron |
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Cette fois, son père fait embarquer Jean à Londres sur un grand voilier japonais avec mission de le débarquer à Marseille. Sur le bateau il peint « des aquarelles d’une excellente venue ». Après, il est de nouveau confié à l’abbé Barges pour faire sa philo qu’il rate ce qui met fin à ses études classiques. Après un court séjour dans une usine où il ne s’adapte pas à des horaires réguliers il entre dans une école de mécanique dont il est renvoyé pour fugue. Enfin, en octobre 1913, c’est l’école de la rue de Clignancourt où il prépare l’entrée à l’école supérieure d’aéronautique. Il travaille et donne satisfaction à ses professeurs jusqu’en juin 1914 date à laquelle il disparaît pendant quinze jours pour aller faire un stage au Collège d’Athlètes de Reims. Il suit les cours du lieutenant Hébert et travaille avec le célèbre coureur à pied Jean Bouin. |
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Dés l’age de dix huit ans il s’intéresse à l’aviation
Le dimanche, avec son frère
Pierre, ils vont à Buc ou à Juvisy pour voir voler les avions. « Je n’avais pas cessé d’éprouver le désir de devenir pilote, malgré les calculs et autres formules ingrates qu’on cherchait à m’ingurgiter, je ne voulais pas faire de l’aviation en chambre. Il me fallait voler » Début juin 1914 il entre comme élève pilote à l’école civile des frères Caudron au Crotoy (Somme) et n’a pas le temps de passer son brevet avant la déclaration de guerre le 2 août 1914. |
Le Crotoy. Ecole d'aviation Caudron |
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Visualisation du parcours de Jean Navarre pendant la guerre |
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1. Le Crotoy – Juin 1914 - Ecole de pilotage
civile Caudron. 2. St Cyr – août 1914 - Incorporation dans
l’armée. 3. Tours – Ecole de pilotage militaire -
passage du brevet de pilote septembre 1914. 4. Lyon-Bron – Entraînement sur Farman. 5. Amiens–Corbie–septembre à décembre 14 –
escadrille MF 8 -1ére affectation au front. 6. St Cyr – Villacoublay - Formation sur
Morane-Saulnier type L « Parasol ». 7. Reims –Muizon –
27 février 1915 - Affectation à
l’escadrille M.S 12. 8. Saint Omer –Brias – mai et juin 1915 - Détachement temporaire. Lunéville,
affectation de courte durée à la N 48 au début de l'année 1916. 9. Verdun – Vadelaincourt – février à juin 1916 - Escadrille N 67. |
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Le 2 septembre 1914, bien qu’appartenant à la classe 1915, il parvient par un coup de bluff à se faire engager à Saint-cyr-l'école en qualité de pilote. Pour y parvenir il prétend avoir son brevet et voler depuis deux ans. Affecté à l’école de pilotage de Tours, à l’age de 19 ans, il obtient le brevet militaire N° 601 en septembre 1914 devenant ainsi le premier pilote militaire ne possédant pas le Brevet Civil de l’Aéro Club de France nécessaire à l’époque. Ensuite, il est désigné pour aller s’entraîner à Lyon-Bron sur Maurice Farman Type 1914. De septembre à décembre 1914 il est affecté à l’escadrille M.F.8, prés d’Amiens à Corbie (Somme), équipée d’avions Maurice Farman 7. Il est renvoyé pour indiscipline à Saint-cyr-l'école en vue d’une nouvelle affectation. Peu après il se fait muter à la Division Morane-Saulnier à Villacoublay où il est formé sur Morane Saulnier type L « Parasol ». |
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En 1915 il est affecté à l’escadrille
de reconnaissance d’Armée N° 12,
qui devient le 1er mars 1915
l’escadrille de chasse M.S
12.
Commandée par le Lieutenant de Bernis, elle est la première escadrille de Chasse
créée. L’une des premières équipées du Morane-Saulnier type L
« Parasol ». Elle est basée à Muizon, prés de Reims, sur le plateau
de Rosnay en Artois. On attribue à Navarre le biplace M.S type L N°27. Le 1er avril 1915 il est nommé sergent, puis adjudant le 16 mai. Il est promu sous-lieutenant le 1er avril 1916.
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Photo: Musée de l'Air et de l'Espace |
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En mai 1915, Navarre et Pelletier Doisy, sont détachés en Artois sur le terrain de Brias, prés de Saint Omer pour renforcer l’aviation du secteur. Il est décoré de la Légion d’Honneur à la suite de sa troisième mission spéciale le 19 juillet 1915. |
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Volontaire pour Verdun, le 24 février 1916 il rejoint l’escadrille N 67 à Vadelaincourt. Peu après son arrivée l’escadrille passe sous le commandement du capitaine de Saint Sauveur qui comprend la mentalité de son pilote et lui laisse sa liberté d’action. Il l’autorise à coucher en ville à Bar-le-Duc « à condition de continuer ses exploits sur le front » Jugeant son escadrille trop éloignée de la citadelle de Douaumont il obtient de s’en rapprocher et s’installe avec ses mécaniciens prés de Verdun. Ce terrain camouflé où il agit en solitaire est situé aux abords est de la ville en bordure du Faubourg Pavé. Mais il est repéré par les allemands ce qui l’oblige de rejoindre son escadrille à Vadelaincourt. Le 22 avril la N 67 est basée à Froidos. Navarre réussit le premier « doublé » de la guerre le 26 février 1916. Peu après, c’est le premier « quadruplé » le 26 avril 1916 à Verdun également. |
"Le Miroir" 19 mars 1916 |
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Le 17 juin 1916 il remporte une dernière victoire mais ce jour là il est grièvement blessé au cours d’une patrouille au-dessus de Grandpré (Ardennes). Il parvient cependant à se poser à Sainte-Menehould, où il est hospitalisé avant d’être transféré à Paris. |
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Il reprend du service le 31 janvier 1917, après sa convalescence, et revient au front en mars. Mais sa blessure et la mort de son frère jumeau Pierre le 15 novembre 1916 le conduisent à des écarts qui l’amènent au Conseil de Guerre. Peu après son retour à la N 67, à mi-avril, il est arrêté par les gendarmes à Vadelaincourt où est basée son escadrille pour avoir renversé des agents de police avec sa voiture (voir « Anecdotes »).
Jugé « irresponsable »
il est rapidement relâché. Les expertises médicales montrent que son système
nerveux est atteint par sa blessure, le surmenage et le
chagrin
subi à la mort de son frère jumeau. A la suite de quoi il entre
dans une maison
de santé pour se soigner pendant des mois. Le rapport des médecins précise « On peut affirmer qu’il n’aurait pas commis la faute dont il est actuellement inculpé s’il n’avait pas été dans cette phase nettement pathologique qui suivit sa blessure et sa commotion, et qui aggrava le choc moral causé par la mort de son frère ». |
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En septembre 1918, complètement remis, les médecins l’autorisent à reprendre l’entraînement. Il est prêt à partir au front lorsque l’armistice est signé.
Après la guerre il envisage la traversée
de l’Atlantique mais son projet n’est pas retenu. Il propose également de
passer sous l’Arc de Triomphe en avion le 14 juillet 1919. Il est engagé comme chef pilote chez Morane-Saulnier et présente les avions aux futurs acheteurs. |
Navarre soigné à l'hôpital Chanzy |
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Jean Navarre est mort à Villacoublay (Yvelines) le 10
juillet 1919 quelques jours avant de
fêter ses vingt quatre ans. Il se tue en se posant
hélice calée selon son habitude. Il est un peu court et après être passé au
dessus de lignes télégraphiques son avion décroche et vient percuter le mur
d’une ferme en bordure de l’aérodrome. Ses obsèques ont lieu le 12 juillet à la chapelle de l’hôpital Dominique Larrey à Versailles. Il est inhumé au cimetière de Tartas (Landes). |
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